Rodolphe Landemaine est le très dynamique et engagé fondateur de l’enseigne de boulangeries-pâtisseries Maison Landemaine , mais également de Land&Monkeys boulangeries d’hôtes 100 % végétales et de Yumgo solution végétale destinée à remplacer les œufs pour les professionnels.
Au-delà de ce parcours ambitieux et de ces réussites, c’est avant tout un chef d’entreprise au service d’une mission :
« Prouver que l’on peut allier rentabilité et protection de la biodiversité »
Maison Landemaine (fondée en 2007), est un réseau de 30 boulangeries-pâtiss
eries à Paris, 2 à Tokyo, une gamme de pains 100 % biologiques, une démarche RSE guidée par la baisse de l’impact environnemental, et une offre végétale (sans œufs ni beurre).
Une forte prise de conscience environnementale l’incite à cofonder, en 2019, Yumgo, alternative aux œufs pour les professionnels de la restauration et, en 2020 Land&Monkeys, une enseigne 100 % végétale (12 points de vente à Paris, Aix en Provence et Bordeaux) :
- Sans beurre ni lait ni crème ni œufs mais des alternatives végétales naturelles et jusqu’à 90 % moins carbonées.
- Farines biologiques cultivées à moins de 200 km, matières grasses sans huile de palme, fruits et légumes locaux et de saison
- Emballages 0 plastique, biodéchets triés et compostés, invendus redistribués aux personnes en situation de précarité et 1 % du chiffre d’affaires reversé à des associations engagée pour le bien-être animal.
Enfin, il a lancé le fonds de dotation « Demain sur Terre », dédié à la protection et à la régénération du vivant.
Il prouve que l’on peut développer des entreprises rentables tout en les mettant au service d’une transformation écologique et alimentaire profonde.
Vous êtes engagé de multiples manières. Vous amenez la preuve que l’on peut entreprendre et avoir un impact réel. Quelles sont les clefs de votre succès ?
Rodolphe Landemaine : Mon objectif est de proposer un nouveau récit de l’entreprise : une entreprise capable non seulement de produire, mais aussi de réparer et de restaurer, de se mettre au service d’une cause plus noble que le seul profit.
Je considère que la performance économique n’est pas une fin en soi, c’est un moyen. Un moyen de financer des projets qui ont un impact réel sur la biodiversité, sur l’alimentation et sur notre rapport au vivant.
Comment votre évolution s’est-elle construite ?
R. L. : J’ai créé ma première boulangerie en 2007, boulevard de Clichy. À l’époque, l’objectif était d’entreprendre, de développer un savoir-faire artisanal exigeant.
J’ai construit ma croissance étape après étape. L’entreprise s’est développée à la fois de manière organique et par des acquisitions externes.
Il y a quelques années, j’ai eu une vraie prise de conscience sur le bien-être animal et sur notre responsabilité collective face aux enjeux climatiques et de biodiversité. Cette réflexion a progressivement influencé mes choix entrepreneuriaux.
Nous avons commencé à faire évoluer l’offre vers davantage de végétal. Puis j’ai créé d’autres structures pour aller plus loin : une enseigne 100 % végétale, une alternative aux œufs pour les professionnels, et enfin un fonds de dotation dédié à la protection du vivant.
Communiquer sans surenchère : trouver l’équilibre entre visibilité et crédibilité
Maison Landemaine communique relativement peu sur ses engagements, pourtant très concrets. Est-ce un choix délibéré ?
R. L. : Oui. Nos engagements sont souvent découverts progressivement par nos clients. Ce n’est pas quelque chose que nous cherchons à mettre en avant de manière excessive.
Il y a une recherche d’équilibre constante. Il faut communiquer, mais subtilement. L’objectif est d’informer le consommateur sans en faire trop. Si l’on en rajoute, cela peut devenir contre-productif et introduire le doute dans son esprit.
Beaucoup d’entreprises en font d’ailleurs davantage qu’elles ne le disent. La question n’est pas de se taire à ce sujet, mais de rester cohérent et mesuré.