Un arrêté publié le 28 août 2026 a précisé les modalités du malus applicable à l’ULTRA FAST FASHION ⚡️
Une actualité qui fait écho à un autre modèle textile qui nous touche tous : celui du Made in France.
Au cœur d’une période caniculaire particulièrement éprouvante ☀️, j’ai eu la chance d’entendre Guillaume Gibault, lors d’une conférence à la CCI Paris, annoncer l’entrée en Bourse du Le Slip Français Français.
J’en garde un souvenir enthousiaste, rafraîchissant et réjouissant.
ENTHOUSIASTE, de découvrir la nouvelle aventure courageuse du Slip Français, entreprise à mission depuis 2020, et de ses deux dirigeants, Guillaume Gibault et Léa MARIE, déterminés à innover et à « réinventer avec panache la filière textile française ».
RAFRAÎCHISSANT, par la personnalité enthousiaste, dynamique mais aussi très engagée de son fondateur.
RÉJOUISSANT, de découvrir qu’une entreprise textile française peut relocaliser une partie de sa production en région parisienne tout en proposant des prix plus accessibles.
Cette histoire m’a donné envie de revenir sur 15 ans de défis et de (R)évolutions de la marque : « comment rester fidèle à ses engagements quand les réalités économiques vous obligent à revoir votre modèle ? »
C’est le sujet de mon nouvel article que vous pouvez aussi retrouver sur LinkedIn :
Peut-on rester fidèle à ses engagements quand le marché devient tendu ?
Le Slip Français a fait son entrée en Bourse en juillet dernier. Une étape importante dans le parcours de cette marque, devenue emblématique du Made in France.
Pourtant, son histoire n’a pas été un long fleuve tranquille. Après des années de forte croissance, l’entreprise fait face à un nouveau défi, partagé avec beaucoup d’entreprises du textile : réussir à maintenir ses engagements et continuer à produire en France alors que les consommateurs, même attachés au Made in France, ne sont pas prêts à en payer le prix fort.
Plutôt que de renoncer à cet engagement fondateur, GUILLAUME GIBAULT et Léa MARIE ont choisi de revoir en profondeur le modèle de l’entreprise.
Quand le Made in France se heurte à la réalité du marché
Lorsque le jeune Guillaume Gibault crée Le Slip Français en 2011, le pari est à contre-courant : vendre et fabriquer en France des sous-vêtements, dans un secteur textile largement délocalisé.
Pourquoi se spécialiser sur les slips à l’époque ? Parce que c’est plus facile à envoyer par la poste !
Le succès est au rendez-vous. Avec son ton décalé, son univers tricolore et une communication particulièrement efficace sur les réseaux sociaux, il réussit à rendre désirable le Made in France. L’entreprise se développe rapidement et dépasse dès 2018 les 20 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Elle change aussi de dimension. Au modèle initial, largement fondé sur le e-commerce, s’ajoute progressivement un réseau de boutiques en propre. Un développement coûteux, qui alourdit les charges de l’entreprise.
À partir de 2022, les difficultés s’accumulent. Inflation, baisse du pouvoir d’achat : le prix devient un frein majeur. Un slip vendu autour de 40 euros se vend plus difficilement, même lorsque l’on adhère aux valeurs qu’il représente.
Dans le même temps, le poids des boutiques, des stocks et des coûts fixes fragilise le modèle. Le chiffre d’affaires recule deux années et la question de la rentabilité devient incontournable.
(R)Évolution : changer de modèle sans renoncer au Made in France
Le Slip Français aurait pu faire le choix de produire moins cher ailleurs. Mais, fidèles à leurs engagements, Guillaume Gibault et Léa Marie, directrice exécutive et associée, font le pari de baisser les prix… sans délocaliser la production.
En avril 2024, la marque a lancé (R)Évolution, le nom donné à son nouveau modèle économique, avec un objectif : des prix quasiment divisés par deux.
Ils revoient tout leur modèle : une gamme resserrée, des séries beaucoup plus importantes, davantage d’automatisation et un travail étroit avec les fabricants pour réaliser des économies d’échelle.
400 000 pièces sont produites dès la première année, puis plus d’un million en 2025. Certains sous-vêtements sont désormais proposés entre 15 et 20 euros.
L’enjeu est aussi de préserver une filière et des savoir-faire textiles français. Le Slip Français travaille aujourd’hui avec une quarantaine de fabricants partenaires répartis sur le territoire.
Produire en France, en innovant
Cette transformation passe aussi par l’outil industriel. En 2025, Le Slip Français s’associe à trois de ses fabricants partenaires pour créer Bonne Nouvelle, un atelier de 500 m², non pas à l’étranger, mais en Île-de-France, à Aubervilliers.
L’objectif : produire davantage et plus vite grâce notamment à des machines semi-automatiques, tout en maintenant la confection en France. L’atelier emploie une quarantaine de salariés et peut produire jusqu’à 15 000 pièces par semaine.
Le projet va même au-delà des besoins du Slip Français. Bonne Nouvelle produit également pour d’autres marques et entreprises, avec l’ambition de remettre à disposition une capacité de production textile française compétitive.
Une façon très concrète de montrer que le « Made in France » n’est pas seulement une promesse de marque, mais aussi et avant tout un projet industriel.
Le rebond est au rendez-vous
Les premiers résultats semblent donner raison à ce changement de cap. Après deux années de recul, Le Slip Français retrouve la croissance. Les volumes augmentent et l’entreprise est revenue à l’équilibre.
Mais Guillaume Gibault et Léa Marie voient plus loin. Leur ambition est de doubler le chiffre d’affaires en cinq ans, notamment en développant la distribution auprès de revendeurs multimarques et la production pour d’autres entreprises.
Pour financer cette nouvelle étape, Le Slip Français a fait le pari de l’introduction en Bourse. L’entreprise a levé 3,5 millions d’euros et fait son entrée sur Euronext Growth Paris en juillet 2026.
Le choix de la Bourse permet aussi à la marque de s’appuyer sur cette communauté fidèle construite au fil des années. Clients et particuliers peuvent désormais devenir actionnaires et participer, à leur tour, au développement de l’entreprise.
